Le problème intégriste – suite

Peut-on refonder notre communauté nationale ? Quand un pays n’a qu’une religion, ladite religion est toujours facteur de cohésion. Et c’est pourquoi Voltaire écrivait : « Partout où il y a une société établie, une religion est nécessaire ; les lois veillent sur les crimes connus, et la religion sur les crimes secrets ». Mais dès qu’il y a deux religions, c’est facteur de division ; dans tous les cas. Et j’invite chacun à méditer cette vérité première. Le catholicisme a fortement contribué à la construction de la nation française, comme l’islam ailleurs ; et l’oublier, c’est nier la réalité, autrement dit, faire de la politique. Mais ces temps ont changé, sans retour possible en arrière, et nous devons prendre garde à ce qui se construit sous nos yeux : deux communautés, deux nations sur un territoire. Rousseau nous dit deux choses essentielles. Première leçon : « Partout où l’intolérance théologique est admise, il est impossible qu’elle n’ait pas … Lire la suite…

Politique + fond

Le problème intégriste

Même en vacances, il est bien difficile d’échapper à l’actualité, et si je ne souhaite pas réagir, toujours, et à chaud, ne pas évoquer le terrorisme islamiste laisserait penser que je suis indifférent à certains drames qui pourtant me touchent et m’effrayent. Comment ne pas s’interroger sur les raisons qui conduisent un jeune Français – et qu’importe qu’il s’agisse, dans une autre occasion,  d’un Tunisien – à égorger un homme inoffensif, âgé, qui professe, quoi qu’on en pense, l’amour du prochain ? Nous allons vaincre DAESH, évidemment, même si cela nous prend du temps et coûte un certain prix, mais je vois bien que ce ne sera pas la fin de ces tueries sordides. Car notre société continuera à fabriquer des meurtriers suicidaires qui n’aspirent qu’au carnage, si possible médiatisé. Et nous sommes, par le cinéma et la télévision, si gavés de violence, que seule une surenchère macabre peut répondre à … Lire la suite…

Politique + fond

Le refus d’intégration britannique

Passée l’insupportable propagande médiatique, puis la sidération du Brexit qu’elle n’a pu éviter, puis-je, au moment où la presse annonce qu’un ancien président de la commission européenne doit être recruté par une grande banque d’affaires, évoquer et la situation nouvelle créée en Europe et mon euroscepticisme ? Tout d’abord, je ne cesse de répéter que le Royaume-Uni ne quitte pas l’Europe, faute de pouvoir rompre des attaches physiques et rejeter vers le grand large des terres si proches du continent. Jersey est à 30 km de la côte française et Londres à 2H30 de Paris. Et puis, les Britanniques ne vont pas perdre l’Euro, qu’ils n’utilisent pas, ne sortiront pas de Schengen, dont ils ne sont pas. Et puis, on peut imaginer qu’ils négocient de rester dans le Marché Unique. Ainsi, s’ils y arrivent, ils conserveront tous les avantages de l’UE en cultivant leur indépendance et préservant un peu de leur … Lire la suite…

Philosophie + fond

Meurtre d’un coupe de fonctionnaires de police

Passé la sidération, je voulais dire… L’intégrisme religieux est criminel, partout et toujours. Il nous faut donc être vigilants, non pas vis-à-vis de la foi en Dieu, évidemment respectable, mais vis-à-vis du phénomène religieux, et de son emprise sur les hommes ; car le fonds de commerce des religions, c’est toujours la peur – et pas seulement de devoir un jour mourir –, l’incompréhension face à la douleur, et ce besoin de transcendance, proprement anthropologique.   Deux fonctionnaires de police ont donc été assassinés par un musulman pratiquant, dont on ne peut douter de la foi, et qui a revendiqué son acte au nom de ce qu’il croyait être le bien ou la volonté de Dieu. On a retrouvé son Coran, dans sa voiture. Pourquoi devrais-je douter de sa foi ?  Pourquoi devrais-je douter qu’il ne fût un lecteur assidu du livre reprenant le message transmis par l’ange Gabriel et le Prophète ? Un … Lire la suite…

Philosophie + fond

Une nation qui souffre

En politique, moins qu’à ailleurs, les mots ne sont innocents. Et c’est par un drôle de jeu que certains, un peu comme on jongle avec des balles de couleur, utilisent le mot peuple quand il faudrait plus simplement parler des gens, voire utiliser à-propos le concept de nation. Rappelons que si les gens existent bien, en chair et en os – chair à canon ou chair industrieuse, au moins potentiellement –, le peuple n’est qu’un concept. Ce n’est ni un groupe ni une foule, encore moins une collation ou un agrégat. Et les élites devraient se souvenir qu’elles ne peuvent prétendre à ce titre d’élite qu’à la mesure de leur dévouement, non pas au peuple, c’est-à-dire à l’idée, mais aux gens, qui vivent une vraie vie. Car il n’y a de véritable aristocratie que morale : à l’heure des primaires américaines, ne la confondons pas avec la ploutocratie. Disons-le d’une formule … Lire la suite…

Colère - cri + fond

L’humanisme, idéologie mortifère

On rapporte que, pendant que ce monstre d’acier prétendument insubmersible sombrait inexorablement dans les eaux noires et froides de l’atlantique nord, l’orchestre du Titanic jouait sur le pont. Belle métaphore d’une décadence mainte fois commentée mais qui semble insurmontable, autrement dit « naturelle ». Notre humanité est condamnée : elle se suicide gentiment avec toute l’inconscience ou la folie dont les hommes sont capables. Je lis dans mon quotidien[1], « Menace planétaire sur la faune sauvage : De 15 % à 37 % des espèces pourraient disparaître d’ici à 2050 »[2]. Faut-il rappeler que 26 000 espèces disparaissent chaque année de la planète, ou que 25 % des mammifères sont menacés d’extinction dans un futur proche ? Et le journaliste met en avance deux causes principales : « le braconnage et la pression démographique » ; et il rajoute : « La vie animale est sous pression face à l’expansion humaine ». Comme l’écrivait Nietzsche, la terre a une maladie de peau et … Lire la suite…

Philosophie + fond

Suicide sur le net

Ce mardi, en Région Parisienne, une jeune fille de 19 ans s’est suicidée, nous rappelant un drame malheureusement quotidien – en moyenne, 2 à 3 jeunes se suicident chaque jour en France. Mais si beaucoup d’entre nous s’en sont émus, c’est que la victime a mis en scène son acte désespéré sur Périscope. Elle en a d’abord expliqué la cause en accusant son ex-petit ami de l’avoir trahie, puis s’est jetée sous les roues du RER. Elle n’a pu être sauvée. Ce qui s’est passé ainsi, en direct sur le net, va donc inéluctablement se reproduire. On sait que nombre de suicidés laissent une lettre, une explication sous une forme ou une autre, car le suicide est toujours, sauf rares exceptions, un acte social, une façon désespérée de communiquer avec les autres. Se suicider, ce n‘est pas simplement refuser de continuer à vivre, c’est quitter la-vie-que-la-vie-nous-fait ; une vie qui n‘est … Lire la suite…

Politique + fond

Nuit debout contre Black Bloc

Nuit debout veille toujours ; les syndicats défilent contre la loi travail ; en marge, les Black Blocs cassent et font peur. Les images se mélangent, se percutent, se répondent et créent un climat que les médias façonnent : terrorisme, violences urbaines, état d’urgence ; rejet de la classe politique pour les uns, haine de l’État et goût de la violence pour les autres. Tout craque et nul ne sait quand les choses rentreront, comme chaque fois, dans l’ordre bourgeois, ou si tout peut basculer vers le meilleur ou bien le pire. Mais une chose est évidente à tout observateur honnête : la situation est explosive et l’État est débordé. Mais plus grave encore, le système qui nous gouverne n’a plus rien de démocratique et apparait comme tel : le roi est nu. Trois mouvements, donc, et trois réponses différentes à la faillite du modèle de démocratie occidentale, mais aussi un fragile espoir et deux impasses. … Lire la suite…

Livre + fond 3

J’ai lu…

Ce n’est pas un livre de souvenirSouvenir sur Nietzsche, mais l’évocation rétrospective de celui dont Overbeck fut l’ami intime le plus fidèle, jusqu’à son effondrement du 3 janvier 89 à Turin. Et à lire ces lignes, on ne peut douter de l’affection, de l’estime, et de l’admiration d’Overbeck pour son confrère-philologue. Mais cet article publié en 1906 dans la revue Neue Rundschau n’est pas celui d’un laudateur illusionné. Au contraire, sans complaisance aucune, il n’instruit aucun procès, ni à charge ni à décharge, et cherche plutôt à dégager les éléments structurants d’une personnalité exaltée, à la fois d’une très grande exigence personnelle et pour les autres, mais aussi d’une grande fragilité. Et son combat « désespéré » contre le christianisme en est l’exemple majeur. Mais précisons deux points de clarification : ce court texte n’aborde pas l’œuvre du philosophe, et Overbeck précise bien que, s’il fut l’ami de Nietzsche, il n’en fut pas … Lire la suite…

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C’est le progrès – 10 avril 16

C’est le progrès ! Quelques raisons de ne pas désespérer de notre modernité… La semaine passée : Le Président Hollande a remercié officiellement les lanceurs d’alerte d’avoir informé son ministre de l’économie des agissements illégaux de certaines banques françaises au Panama. C’est la moindre des choses pour celui qui se qualifiait, mais il y a si longtemps, d’ennemi de la finance[1] – elle a d’ailleurs dû trembler, la finance ! M. Sapin l’ignorait donc : ses services ne l’avaient pas informé, et c’est vrai qu’il ne sort qu’à Noël. Pourtant, la chose avait été dénoncée depuis une dizaine d’années par des articles et des livres ; mais M. Sapin, retranché dans son bureau capitonné de Bercy, protégé des turpitudes mondaines, n’avait rien vu, rien lu, rien entendu. Mais maintenant que la chose est dénoncée, vous allez voir ce que vous allez voir, la finance peut trembler… A ce propos, j’apprends que le gouvernement confirme que, … Lire la suite…